PREMIÈRE PÉRIODE: PRÉPARATION A LA CURE

Dans la première période dite préparation à la cure, notre rôle se situe non seulement au niveau du malade, mais surtout au niveau familial. Malheureusement, pour certains malades, ce niveau n’existe plus:il a souvent été détruit par la maladie alcoolique elle-même; pour d’autres, il n’a jamais existé.

Revaloriser le malade par des relations avec l’entourage.

D’abord en milieu familial, il est un point important que nous recherchons tout de suite après le signalement: c’est celui d’associer les autres membres de la famille, conjoint(e) et enfants, à notre action, car nous avons à tenir compte des difficultés de compréhension entre les époux et entre parents et enfants qui se sont heurtés pendant des années à la maladie alcoolique.                                                                                Notre première tâche est donc d’aider l’entourage à reprendre confiance en lui-même, à croire en la possibilité de « guérison », à lui redonner l’espérance d’un avenir meilleur.                                                                                                                                                                                   Leur propre expérience (buveur abstinent et conjoint) permettra au conjoint de prendre conscience du rôle qu’elle doit remplir auprès de l’autre pour lui faire comprendre et admettre sa maladie. Il s’agit d’une amitié vraie et indispensable pour ce long cheminement, et, qui pourrait le mieux la donner qu’un buveur abstinent ?                                                                                                                              Certes, ce climat d’amitié réelle ne se crée pas dès la première rencontre. Souvent, il faudra laisser jouer le facteur temps pour que le malade puisse prendre conscience de sa maladie. Il y a lieu de faire naître tout un réseau d’amitié autour de lui avec les membres de sa famille, ceux de leurs amis qui veulent bien aider le malade abstinent avec les malades abstinents de l’association, le rôle de ces derniers étant, en particulier, d’informer de la maladie et des possibilités de s’en sortir. Pour « obtenir » la demande de soins, il faut beaucoup de patience, de discussions, de dialogues les uns avec les autres, et dans tous ces échanges, surtout beaucoup de discrétion de la part des militants.                                                                                                                                                                                                                                        Le problème des isolés, est beaucoup plus complexe du fait qu’ils vivent seuls et sont très souvent renfermés sur eux-mêmes. Du fait de leur isolement, la prise de contact avec eux est beaucoup plus difficile; elle nécessite souvent une tierce personne qui préparera la rencontre. Il est alors souvent fait appel à des amis qui les connaissent bien, et parfois aux différents services sociaux qui gravitent autour du malade. Quelques fois, nous pouvons aussi avoir à contacter le conjoint qui vient de quitter le malade espérant que sa solitude le fera réfléchir à sa situation. Dans tous les cas, le contact avec les « isolés » est très difficile !

EN RÉSUMÉ , la période de « préparation à la cure » est celle des prises de contact avec le malade, les membres de sa famille, ceux de l’entourage; et, pour les isolés, ceux qui, selon le cas, sont susceptibles de nous aider et surtout d’aider le malade.                                                            Notre action a pour but de faire découvrir au malade et tous ceux qui participent avec nous ce qu’est la maladie alcoolique et la reconnaître comme telle. Partant de là, nous en arriverons à la « cure volontaire ». Ceci étant acquis, notre est d’orienter le malade vers un médecin.                                                                                                                                                                                                                                                        Selon l’état du malade, il appartiendra au praticien de déterminer le mode de cure approprié, soit en cure hospitalière, soit en cure ambulatoire.

ACCOMPAGNEMENT DU MALADE ALCOOLIQUE

                                Le mode de relations avec le malade que nous mettons en place peut se définir de la façon suivante: avant, pendant et après la cure. 

                                 Nous ne pouvons les dissocier les unes des autres. Chacune d’entre elles a, en son temps d’application, une grande importance pour la stabilisation du malade alcoolique et de sa famille. Situées dans des circonstances différentes, elles n’en demeurent pas moins indissolubles et complémentaires. Notre objectif de base est axé sur une réalité et une certitude, à savoir que tout malade peut s’en sortir et devenir abstinent. Cette affirmation est fondée par de nombreuses expériences au cours desquelles nous avons  pu constater que les malades qui se trouvent dans toutes les conditions requises accèdent à l’abstinence dans un délai plus ou moins long. Nous croyons essentiellement dans la valeur humaine et dans ses ressources ! Bien qu’un malade soit arrivé au point le plus critique de sa descente aux enfers de l’alcool, il y a encore et toujours la possibilité de faire renaître chez lui l’étincelle qui lui permettra de prendre conscience de ses responsabilités et d’y faire face et de se refaire une véritable vie d’homme ou de femme.

                                                            Tout être humain, quel qu’il soit , a droit à la santé ! 

                               Nous ne limitons pas notre action aux malades seulement, mais à toutes les causes de la maladie alcoolique. Ce combat est mené par ceux qui ont le plus souffert: les malades abstinents eux-mêmes.

                               Tout malade abstinent peut, à son tour, aider les autres qui n’ont pas encore suivi ce parcours et agir de façon à ce que la société les comprenne sans les rejeter et les exclure de tout. Il est important pour nous de regarder en face la maladie alcoolique sur tous les plans: économique, financier, social et surtout humain !

                               Bien sur, à la lumière de nos expériences, nous savons que  toute cure ne conduit pas automatiquement à l’abstinence certaine, l’ensemble des conditions favorables n’étant pas toujours réunies et respectées. Parfois, même si les conditions requises sont réalisées, c’est le malade qui ne veut pas ou ne peut pas, de lui-même, aller vers l’abstinence s’il n’est pas aidé et encouragé.

L’INTOXICATION ALCOOLIQUE AIGUE

L’INTOXICATION ALCOOLIQUE AIGUE

La quantité d’alcool qui peut provoquer un état d’ivresse aiguë est variable selon la personne. Les alcooliques dépendants peuvent consommer de très fortes quantités d’alcool sans pour autant paraître ivres.
Néanmoins, les effets de l’absorption d’alcool apparaissent bien avant l’ivresse.
Certains de ces effets sont recherchés : on parle et on rit plus facilement, on est moins timide, etc. Mais ils ont leur revers: les réflexes sont amoindris, cette levée de l’inhibition peut conduire à des comportements à risque.
La personne ivre n’a plus vraiment conscience des interdits sociaux. Elle peut décider de frapper quelqu’un, d’agresser sexuellement sans protection ou d’exécuter toute autre action extravagante.
On dit d’un alcoolique qu’il ne peut facilement faire face à un verre vide. L’alcool est devenue une dépendance au même titre que n’importe quelle autre drogue, capable de ruiner l’existence et l’entourage de celui qui s’y adonne.

L’alcool et la conduite automobile

Du fait de leur plus grande assurance en eux, les conducteurs ont tendance à aller plus vite et sous-estimer les dangers. Cette tendance qui s’accompagnent de troubles de la perception visuelle et d’un retard des réflexes.
Cela explique pourquoi l’alcool au volant est un tel fléau.
Pour la loi française, aucun conducteur ne doit prendre le volant avec plus de 0,50 g/l d’alcool dans le sang. Cette dose peut facilement être atteinte avec un apéritif et un verre de vin.
Certains pays ne tolèrent que 0,30 g/l et d’autres, comme la Russie, interdisent tout alcool au volant.
La loi est la loi, mais il importe avant tout de traiter ces malades qui peuvent devenir dangereux pour eux-même et leur entourage.

La dégradation physique et mentale

Elle est souvent pathétique. L’ivresse provoque d’abord une plus grande assurance, une impression de force inestimable et injustifiée qui peut rendre le sujet agressif.
Souvent le malade suit ses idées sans tenir compte de celle des autres ; l’équilibre est précaire, les vomissements fréquents.
S’il est parfois possible de conduire la personne soûle au lit avec de bonnes paroles, ce n’est pas toujours le cas.
Pourtant, l’administration d’un «simple tranquillisant» par un médecin n’est pas toujours recommandée.
La personne pourrait vomir et, trop endormie par l’ivresse et le tranquillisant, inhaler le contenu de l’estomac et inonder ainsi ses poumons.
Dans le cas d’un alcoolisme chronique, il pourrait se produire une hypoglycémie profonde et des troubles physiques graves.
Le médecin peut donc être amené à recommander une hospitalisation plus ou moins brève, afin que le malade soit surveillé comme il convient.
Il faut éviter les traumatismes que la personne pourrait involontairement s’infliger ou provoquer à son entourage.
La détresse respiratoire d’un coma alcoolique grave peut amener le médecin à pratiquer une ventilation artificielle afin de passer un cap difficile.
Chez le malade alcoolique chronique, il existe un risque d’atteinte du cerveau (encéphalopathie) due à une insuffisance en vitamines.
Il arrive aussi que la personne ivre reste allongée plus de douze heures à même le sol. Elle peut alors présenter des troubles comme l’écrasement des muscles qui n’ont plus leur tonicité normale.
Un grand nombre de cellules musculaires peuvent alors mourir et éclater, libérant leur contenu dans le sang.
Or il contient des substances qui, en trop grande quantité,peuvent entraîner un arrêt cardiaque ou un blocage des reins.
Après une ivresse aiguë, les alcooliques chroniques peuvent aussi présenter une infection des poumons ou de la peau, une phlébite, etc…
Enfin, en cas d’alcoolisation brutale comme en cas d’arrêt trop brutal de la boisson, des convulsions sont fréquentes.

La banale ivresse.

En cas de simple soûlerie, sans perte de connaissance, si le sujet se laisse faire, il fait l’inciter à manger un peu ou à boire une boisson sucrée pour éviter les risques d’hypoglycémie,
puis tenter de le conduire en douceur jusqu’à un lit. Si le sujet devient agressif, il ne sert pas à grand-chose d’essayer lui faire entendre raison,
il n’est pas conscient de son ivresse et n’est pas maître de lui ; il risque surtout de devenir violent. Mieux vaut approuver ce qu’il dit, même si c’est le contraire que vous pensez.
Essayez seulement de le conduire sur un lit ou un canapé où vous pourrez l’aider à s’allonger lorsque l’endormissement viendra.

ALCOOL : démêlez le vrai du faux !

ALCOOL : démêlez le vrai du faux !

LES HOMMES SUPPORTENT MIEUX L’ALCOOL QUE LES FEMMES

VRAI:   car les femmes ont en général plus de masse graisseuse que les hommes. « L’alcool ne se diluant pas dans la graisse, mais dans l’eau, le volume dans lequel il se répartit est plus faible chez elles et donc sa concentration dans le sang est plus élevée ».

BOIRE UN VERRE DE VIN  A CHAQUE REPAS NE POSE PAS DE PROBLEME

VRAI:   mais selon l’OMS, une femme doit s’en tenir à deux verres par jour, un homme à trois. « Mais si cette consommation, même raisonnable, sort du plaisir pour devenir un besoin dont on ne peut plus se passer, il faut s’inquiéter ».

SI ON BOIT TOUS LES JOURS, IL FAUT S’ABSTENIR UN JOUR PAR SEMAINE

VRAI:   « Cette pause permet au foie de se mettre au repos, brise une habitude et oblige à se poser des questions  si cette abstinence est désagréable sur le plan psychologique ».

UN FEMME ENCEINTE PEUT S’ACCORDER UN VERRE DE TEMPS EN TEMPS

FAUX:   L’alcool passe directement du sang de la mère à celui du fœtus. « Vu sa taille et sa fragilité, surtout en début de grossesse, un simple verre de vin représente pour le fœtus une dose énorme d’alcool que son foie, immature, élimine mal ». Mieux vaut donc s’abstenir.

 

SI C’EST UN BON VIN ON PEUT SE PERMETTRE D’EN BOIRE PLUS

FAUX:   La quantité d’alcool contenue dans un grand cru à 12° est ma même que dans une piquette à 12°.

LE VIN A AUSSI DES VERTUS POUR LA SANTE

VRAI:   « A petite dose, c’est-à-dire un à deux verres par jour, le vin a un effet hypocholestérolémiant dû aux polyphénols, molécules anti-oxydantes concentrées dans ses tanins ».

BOIRE UN VERRE LE SOIR POUR SE DÉSTRESSER NE PEUT PAS FAIRE DE MAL

FAUX:   « C’est justement lorsqu’on utilise l’alcool comme anxiolytique que l’on risque de tomber dans l’addiction. Mieux vaut se calmer en buvant un jus de fruit, une infusion ou en prenant un bain aux arômes… Si le stress est récurant, il faut comprendre d’où il vient et se faire aider … » 

SI ON LE DILUE, L’ALCOOL EST MOINS NOCIF

FAUX:   La quantité d’alcool est la même qu’on le boive pur ou dilué dans un soda, un jus de fruit ou même e l’eau.

UN VERRE DE WHISKY SAOULE PLUS VITE QU’UNE BIÈRE

VRAI:   « Même si la quantité d’alcool pur est la même dans une dose classique de whisky (3cl) que dans un verre standard de bière (25cl),le premier monte plus vite à la tête car il est moins dilué (3 ou 4 mns contre environ 1/4 d’heure pour la bière) ».

CERTAINS MÉDICAMENTS NE DOIVENT PAS ETRE MÉLANGES A L’ALCOOL

VRAI:   « C’est le cas des anxiolytiques, antidépresseurs, neuroleptiques et somnifères, dont l’alcool augmente l’effet sédatif et la baisse de vigilance »  précisent les médecins.

TANT QU’ON N’EST PAS IVRE, C’EST QU’ON TIENT BIEN L’ALCOOL

FAUX:   La tolérance à l’alcool augmente avec le temps et l’habitude. Mais « le fait de ne jamais être ivre n’empêche pas de développer des cirrhoses ou des cancers du foie ». Selon l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé,près de la moitié des problèmes de santé et sociaux liés à une consommation excessive d’alcool concernent des personnes qui le tolèrent très bien.

UN CAFÉ SALE SUFFIT A ESTOMPER LES EFFETS DE L’ALCOOL

FAUX:   Il faut compter 1 à 2 heures, selon la morphologie, pour que le foie élimine l’équivalent d’un ballon standard de vin (12cl) ou un demi de bière. Si vous en buvez 4, il faudra donc 4 à 8 heures. Et ni un café salé ou une douche froide n’y changeront rien! »

L’ALCOOL RÉCHAUFFE

VRAI ET FAUX:    « Dans un premier temps, l’alcool provoque une vasodilatation qui donne l’impression d’être réchauffé. Mais si vous buvez dans un endroit où il fait froid, il va y avoir une réaction de vasoconstriction qui, au contraire, va accélérer le refroidissement du corps ».

IL FAUT EVITER DE BOIRE DE L’ALCOOL A JEUN 

VRAI:   « Le pic d’alcoolémie, c’est-à-dire la quantité maximale d’alcool présente dans le sang, est atteint deux fois plus vite lorsqu’on boit à jeun plutôt qu’au cours d’un repas. Les aliments ralentissent le passage de l’alcool dans le sang. »

L’ALCOOL EST UN EXCELLENT STIMULANT

FAUX:   Certes il a une action désinhibitrice qui peut donner l’impression d’être au top,  mais « cet effet immédiat est illusoire, car tout aussi rapidement l’alcool ralentit l’activité cérébrale, altère la vigilance et endort ».

 

 

LA RECHUTE: 5 rêgles anti-rechute

LA RECHUTE: 5 rêgles anti-rechute

1. Restez motivés: faire une liste avec les avantages d’avoir arrêté de boire de l’alcool. Lisez la liste régulièrement.

2. Evitez de reprendre ne serait-ce qu’un seul verre! Il est plus facile de refuser le premier verre que le second !

3. Préparez un plan d’urgence au cas où vous reconsommeriez  de l’alcool: évitez de reconsommer, n’achetez pas d’alcool, jetez celui que vous avez, essayez de comprendre pourquoi vous avez bû, considérez cet accident de parcours comme un évènement normal qui permet d’apprendre et non comme un échec, ne vous accablez pas de reproches, faites appel à l’aide de l’association.

4. Si vous avez des symptômes de sevrage (tremblement, irritabilité, angoisse, nervosité, troubles du sommeil, envie irrésistible de boire, etc.), consultez très rapidement un médecin ou un membre de l’association.

5. Réfléchissez aux circonstances de vos précédentes rechutes (si besoin avec un membre de l’association). Mieux vous connaitrez les situations à risque de rechute, plus vous parviendrez à y faire face ou à les éviter.

Contrôlé au volant positif à l’alcool à cause… d’un bain de bouche

Contrôlé au volant positif à l’alcool à cause… d’un bain de bouche

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Cet Ardéchois, après avoir été verbalisé pour ce taux positif il y a plus d’un an, a enfin été innocenté.

Après avoir bataillé plus d’un an, il a enfin été innocenté. Un homme de 54 ans avait été contrôlé positif à l’alcool lors d’un contrôle routier mais il avait démenti avoir bu. Il a fini par trouver le coupable afin de se faire innocenter : un bain de bouche, rapporte lundi France Bleu.

Pas de prise de sang. Cet Ardéchois s’était fait contrôlé par les forces de l’ordre alors qu’il allait chercher sa fille à l’école : 0,26 milligrammes par litre d’air expiré. Étant au-delà de la limite des 0,25, il avait été verbalisé. Scandalisé, il avait pourtant expliqué aux gendarmes qu’il n’avait pas bu une goutte d’alcool. Mais aucune prise de sang n’était venue confirmer ses dires.

42,8% d’alcool contenu dans le bain de bouche. De retour chez lui, c’est finalement sa femme qui trouve le coupable : un bain de bouche que son mari a fait avant de prendre le volant. Ce soin dentaire lui avait été prescrit par son dentiste, à raison de trois par jour. Or, après vérification faite sur l’étiquette, le produit utilisé contient 42,8% d’alcool… suffisant pour charger son haleine de manière suspecte.

Ordonnance du médecin fournie au juge. Défendu par un avocat, il a enfin fini par se faire relaxer par un juge de proximité. Mais il a dû pour cela fournir à la justice l’ordonnance du dentiste, une attestation du même praticien attestant de la composition du bain de bouche, ainsi qu’une jurisprudence de la Cour de cassation.

 

source de l’article : Europe1